Il existe de grandes différences entre les prisonniers de guerre anglais hébergés dans nos différents camps. Parmi eux, il y a des personnalités tout à fait impressionnantes qui ont déjà participé à l’une ou l’autre campagne coloniale ; pour d'autres prisonniers, il est clair qu'ils n'ont choisi le métier de soldat que par pure volonté.
Mais tous sont convaincus que cette capture les soulagera de leurs obligations militaires ultérieures. Il y a aussi parmi eux la lie de la société humaine, à savoir 120 prisonniers au crâne à moitié rasé ; en échange d'une garantie de liberté et d'une somme en espèces de 700 marks, ils acceptèrent de poser des mines sur la côte allemande.
Ainsi, pour ce que les héros de « La Reine Louise » se sont offerts avec enthousiasme et par loyauté envers leur patrie bien-aimée, l’Angleterre doit acheter des forçats déshonorants. Quelle différence honteuse pour les soi-disant cousins d’outre-Manche !
Les prisonniers anglais sont pour la plupart vêtus du nouvel uniforme de campagne vert-jaune. Mais on compte aussi parmi eux de nombreux Écossais, reconnaissables à leurs chapeaux à bordures à carreaux et à leurs kilts en forme de jupe. Là où ils étaient emprisonnés avec des « alliés », il y avait de fréquentes querelles et ils s’accusaient mutuellement ; ils ont donc dû être logés séparément. Comme les autres prisonniers, les Anglais capturés ne sont pas autorisés à rester inactifs, ne serait-ce que pour des raisons de santé. Ils sont appelés à réaliser toutes sortes de travaux publics, tels que la construction de routes et autres, afin de couvrir les frais de leur entretien.
Source : Illustrierte Geschichte des Weltkrieges 1914
Traduit de l'allemand par Cl. He.