En ligne autour d'Ypres depuis le 20 octobre, l'armée britannique eut à subir du 29 au 31 août des chocs écrasants qui eurent raison de la ténacité de sa résistance.
Son front rompu, French a songé à évacuer Ypres. Un entretien pathétique avec Foch lui rend tout son esprit de résolution. Français et britanniques repartent à l'attaque, coude à coude. Pendant ces journées, les Anglais témoignèrent de la froide bravoure de leur race.
Leurs tranchées formaient des canaux de boue, où par bonheur, les obus allemands explosaient souvent sans produire trop de mal. Les "London", Scottish" territoriaux écossais de Londres, chargèrent trois fois le 31 octobre avant d'enlever Messines aux Bavarois. Après chaque assaut, on les vit se reformer avec un admirable sang-froid.
Le 11 novembre 1914, le 1er Corps anglais, commandé par Douglas Haig, refoule la Garde prussienne devant Ypres : c'est là que vint échouer la dernière attaque générales allemande, qui, Laville, avait réussi à emporter le "tas de cailloux" de Dixmude.
Ypres, le 24 novembre 1914 : les ruines des Halles; à droite, l'Hôtel de Ville détruit.
L'ennemi a perdu encore cette partie. A compter du 15 novembre, chacun s'immobilise sur ses positions. Et, comme pour Reims, afin de mieux souligner l'échec de ses présomptueuses espérances, le commandement germanique donnait l'ordre d'écraser d'obus incendiaires la très belle ville d'Ypres, sa cathédrale et ses monuments...