Huit attaques répétées et consécutives à la baïonnette contre l'artillerie et les mitrailleuses françaises.
Dessin de M. Barascuts d'après des témoignages oculaires
Les combats en Flandre et dans le nord de la France ont entraîné des pertes relativement élevées. Ici aussi, la grande lutte s'est progressivement transformée en une longue bataille frontale dans laquelle l'art moderne de la montée sur le terrain est entré en jeu, ce qui profite naturellement plus au défenseur qu'à l'attaquant.
De plus, l'ensemble du front de bataille, de Nieuport sur la côte de la mer du Nord jusqu'à Armentières et La Bassée, est essentiellement une vaste plaine désolée et incolore, sillonnée par un réseau dense de canaux et de voies navigables, qui dans la partie nord a même été artificiellement inondée par l'ennemi. Les ponts se succèdent, et ces ponts doivent être arrachés les uns après les autres à l'ennemi désespérément retranché et combattant. Entre les deux, il y a de grandes étendues marécageuses, devenues encore plus impraticables en raison du temps pluvieux automnal qui s'est installé. Tout cela multipliait les possibilités de défense ; Il fallait prendre une tranchée après l’autre, une position de batterie après l’autre.
Le point central de ces batailles fut la prise de Dixmude. Ce sont principalement nos jeunes régiments qui ont pris d'assaut la ligne Nieuport-Ypres le 10 novembre et ont ainsi enfoncé un coin dans le front ennemi. Selon le témoignage de correspondants de guerre neutres, cette attaque fut menée avec une force énorme et le canal de l'Yser fut franchi au sud de Dixmude le même jour. Au même moment, Saint-Eloi, principale base belge au sud d'Ypres, passe en possession allemande.
Ce combat a été mené avec d’autant plus de vigueur qu’il avait été précédé de semaines de lutte acharnée. Le 10 novembre, les troupes, dans leur ensemble, ont senti dès la première heure que quelque chose de décisif était en jeu. C'était une lutte sur les digues pour les digues. Nos Feldgrau, amoureux du combat, qui, malgré le feu meurtrier, avançaient avec le plus grand mépris de la mort, surent surmonter avec adresse les difficultés que leur présentaient les voies d'eau ; dans certains endroits, cependant, les combats se déroulaient littéralement dans l’eau. L'homme s'est dressé contre l'homme, corps contre corps. La lutte était terrible ! Et c'est là aussi qu'il fallait le prendre à la baïonnette. C'était l'exploit de régiments allemands, majoritairement jeunes ! L'assaut de nos braves garçons était d'une telle force et d'une telle ténacité que rien ne pouvait leur résister.
Source : Illustrierte Geschichte des Weltkrieges 1914
Traduit de l'allemand par Cl. He.