Le 20 août 1914, selon un participant du « Frankfurter Zeitung », l'ordre est parvenu à un bataillon d'un régiment de Landwehr, qui combattait depuis des jours avec les Français avançant dans le Sundgau, de les contrer à Tagsdorf. Pendant plusieurs jours, deux corps d'armée français tentent die gagner du terrain vers Mulhouse. Ces forces puissantes n'étaient opposées qu'à un petit nombre de soldats de la Landwehr allemande sur la rive gauche du Rhin. La défense devait également être répartie sur le front incroyablement long allant de Ferrette (à l'extrémité sud de l'Alsace) à Mulhouse. Ces vieux soldats ont accompli une tâche qui a dépassé toutes les attentes, et il a déjà été rapporté qu'ils ont accompli leur tâche avec brio.
Le bataillon de la Landwehr a avancé en toute sécurité vers Helfrantzkirch après que les Allemands aient dû endurer un bref engagement avec l'infanterie française et les chasseurs africains démontés. Les Français durent se retirer et, dans les plus brefs délais, les blessés, amis et ennemis, furent conduits vers le Rhin. La Landwehr n'avait que des blessés, et nettement moins que l'ennemi, car son tir d'infanterie n'était pas très bien entraîné : trop rapide, et donc moins efficace. Les Allemands avancent lentement vers Tagsdorf. Ils trouvèrent leur capitaine fortement protégé à la fois vers l'avant et sur les côtés. Au bout d'une heure, le message est arrivé ; que les Français avaient apparemment pris position en grand nombre à l'est de Tagsdorf. Le bataillon fut alors divisé en compagnies, puis celles-ci en pelotons. La Landwehr s'est mise à couvert, utilisant chaque buisson et chaque monticule de terre. Le feu français crépitait continuellement. Mais peu importe la longueur de la ligne allemande, ce n'était pas suffisant, car les tranchées creusées par les Français continuaient de s'étendre. La dernière compagnie allemande émergea d'une petite forêt pour prolonger la ligne. Il s’agissait d’une manœuvre tactique audacieuse. Mais elle ne fut entreprise qu'après que l'artillerie française eut tenu sous un feu constant le petit bois d'où s'avançaient les derniers Allemands. Les Français soupçonnaient probablement que les réserves de leurs ennemis se trouvaient dans ce bois. Mais ceux-ci ne parvenaient plus à progresser, et les Français non plus. Les combats ont donc cessé pendant environ une heure. Les tirs d'armes légères se sont fait plus discrets, les Allemands tirant avec parcimonie.
Il semble que pour cette raison, le camp français ait supposé que la ligne de fusiliers allemands avait vacillé sous le feu ennemi. Soudain, environ 700 à 800 hommes de cavalerie, Chasseurs d'Afrique, apparurent en face du centre de la ligne allemande. Elle a immédiatement reconnu la situation : une attaque ! A ce moment-là, l'ordre fut donné : « Tirez calmement, visez soigneusement, toujours d'abord le cheval, puis l'homme ». Chaque division se voyait également attribuer un certain champ de tir. Les mitrailleuses sont également installées.
Le sol résonna du bruit des sabots des chevaux, les armes des cavaliers tintèrent et leurs cris retentirent. Les escadrons ne chevauchaient pas dans la même formation ouverte que les Allemands lors d'une attaque. Leurs unités commencèrent à se disperser et furent séparées avant même d'avoir atteint 800 mètres de la ligne allemande. Mais l'ordre de tirer n'a toujours pas été donné. Les hommes de la Landwehr étaient allongés tranquillement derrière leurs fusils. Les mitrailleuses les premières commencèrent un feu meurtrier, d'abord assez lentement mais avec précision, alors que les Français étaient à moins de 500 mètres. Les tirs d'armes légères ont commencé à 350-400 mètres. L’effet fut terrible ; la fusillade a duré deux à trois minutes au maximum. Mais il n’y eut pas de tirs rapides et furieux ; les coups tombaient lentement, mais toujours avec une visée sûre. Aucune force centrale n’aurait pu développer un feu plus calme. Les premiers rangs étaient toujours bloqués et les cavaliers qui poursuivaient les chevaux qui tombaient étaient souvent incapables de les éviter et tombaient sur l'animal qui s'était effondré devant eux. Les hennissements stridents, les sifflements et les gémissements tonitruants des chevaux, qui gisaient sur le sol, se débattant, se cabrant, s'effondrant, se contractant. De même, ici et là, un cavalier tombé sautait en l’air, pour retomber immédiatement après. Et entre les deux, celui ponctuel de la ligne de fusiliers allemands. Aucun cavalier ne pouvait se retourner, ils étaient trop près du feu ennemi. Ainsi, la belle et puissante image de l'escadron se précipitant vers l'attaque deux ou trois minutes plus tôt était devenue une armée indiciblement triste, brisée et dévastée
Avant que les Français ne puissent lancer d'autres attaques, un deuxième bataillon de Landwehr allemande a pu attaquer l'aile droite française. Les Français ont donc dû battre en retraite. Parmi les chasseurs africains qui ont participé à cette attaque, 27 hommes sont restés indemnes et ont été faits prisonniers par les Allemands ; plus de la moitié ont été grièvement blessés, les autres morts. Les quelques cavaliers capturés qui sortirent indemnes de cette chevauchée mortelle furent emmenés via Lörrach jusqu'à la forteresse d'Ulm.
Source : Illustrierte Geschichte des Weltkrieges 1914
Traduit de l'allemand par Cl. He.