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Les batailles pour Nancy (vues du côté allemand)

Après que les Français, qui avaient envahi la Lorraine, eurent été refoulés de l'autre côté de la frontière avec de lourdes pertes, d'abord à la bataille de Lagarde, puis dans la violente bataille de campagne entre Metz et les Vosges, l'armée du prince héritier allemand se tourna vers le nord-ouest de Metz et, après une résistance courageuse, s'empara de la forteresse de Longwy, tandis que les troupes du prince héritier Rupprecht de Bavière, vainqueur de Metz, avançaient par Blamont-Cirey en direction de Lunéville, qui fut prise par le XXIe Corps d'Armée le 23 août. Lunéville elle-même n'est pas fortifiée, mais elle est protégée par le fort de Manonviller, qui s'étend vers la frontière allemande et qui est à son tour relié aux fortifications de Nancy même par des batteries avancées et des fortifications de campagne.

Manonviller était vu comme le plus redouté des forts français à la frontière allemande ; Il venait tout juste d'être agrandi et était considéré comme imprenable. Mais depuis la journée de Liège, ce terme est devenu obsolète pour notre artillerie, car nos nouveaux obus de 42 cm pénètrent même dans les murs épais.

La prise de Manonviller libère l'artillerie lourde de siège qui peut être utilisée contre les forts de Nancy. Une bataille acharnée y fait rage depuis des semaines. Les fortes forces françaises, renforcées par les restes de l'armée lorraine vaincue, tentèrent à plusieurs reprises de percer la barrière de fer des assiégeants, mais à chaque fois elles durent rebrousser chemin avec des pertes. On a beaucoup parlé de fortifier tout ce plateau et la ville de Nancy. Cela aurait créé un grand camp fortifié, égal en taille et en étendue à celui de Paris, et aurait nécessité une armée d'au moins 150 000 hommes pour le défendre. Seule l'administration militaire française souhaitait que ces forces fortifient Toul. Afin de ne pas laisser la position devant Nancy complètement à découvert, les forts de  Frouard au nord et Pont Saint Vincent au sud furent d'abord construits comme ouvrages avancés à partir de Toul.

Frouard, ainsi nommé d'après le village situé à trois kilomètres du confluent de la Meurthe et de la Moselle, domine la vallée Moselle-Meuthe et la grande route Nancy-Toul, qui traverse la forêt de La Hane. Ces fortifications protègent Nancy contre une attaque globale venant du nord. Le même problème se pose au sud jusqu'au fort Saint-Vincent, situé à deux kilomètres au sud-ouest de Nancy, sur un versant de 421 mètres d'altitude près du confluent du Madon et de la Moselle. Entre ces deux forts, le plateau de La Hane s'avance comme un coin vers l'est et domine la plaine environnante. De nombreuses batteries et casemates à l'épreuve des bombes ont été construites ici, qui sont défendues par l'armée de campagne. Les restes de l'armée française vaincue en Lorraine s'y retranchèrent également. Ils avaient réussi à se replier vers l'ouest, tandis que la majorité fut repoussée vers le sud, en direction d'Epinal-Belfort. Cette position est très forte et doit être attaquée lentement et systématiquement après que l'artillerie ennemie, ainsi que tous les dépôts et abris aient été détruits

Situation de Nancy et de ses environs

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