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Reims, la cathédrale endommagée par les Allemands

Reims, dont les Français ont fait une puissante forteresse au moyen d'une large ceinture de forêts, est l'une des rares villes qui, à côté de Paris, ont une certaine importance en France, car en général, Paris est la France, la province n'est rien. Reims fut la ville du sacre des rois de France pendant mille ans. Elle ne compte pas plus de cent mille habitants, mais elle possède de nombreuses grandes rues et de belles places, une garnison très forte, d'importantes hautes autorités, une industrie textile florissante et une production de vin mousseux mondialement connue d'environ vingt millions de bouteilles.

Précieuses sont ses nombreuses antiquités, bibliothèques, manuscrits, etc., conservées de l'époque romaine à nos jours, dont certaines sont conservées dans les plus magnifiques bâtiments anciens, et surtout dans la cathédrale gothique "Notre Dame de Reims", qui, construite entre le XIIIe et le XVe siècle, est l'une des plus belles églises du monde et contient de magnifiques trésors. Il est irresponsable de transformer une telle ville en forteresse et d'y laisser toutes ces valeurs culturelles irremplaçables, car malgré la dévotion presque religieuse à l'art inhérente aux Allemands, qui fait de sa protection une évidence pour eux, des situations dramatiques surviennent facilement dans la guerre de forteresse dans lesquelles cette vénération devient impossible. Et malheureusement, c'est ce qui s'est passé.

Il faut considérer comme une coïncidence remarquable que cette importante ville a été envahie par nos troupes le même jour qu'en 1870. Ce fut le capitaine saxon des Ulans von Humbracht qui, avec plusieurs officiers et une demi-douzaine de Ulans, entreprit l'acte audacieux de prendre possession de la ville. 

Vers neuf heures du soir, la patrouille a parcouru les rues animées de Reims, s'est rendue directement à la mairie et a expliqué au maire, en présence des représentants de la ville, que celle-ci était désormais prise par les Allemands et qu'il devait passer la nuit dans la salle du conseil comme garde de sécurité de « l'occupation ». Pendant que les hommes et les chevaux étaient cantonnés, le chef de patrouille restait avec le maire avec un officier et un sous-officier, et les deux officiers restants devaient se présenter le plus rapidement possible au commandement divisionnaire et au général.

Une annonce du maire avait cependant déjà préparé les habitants, avec des mots savamment choisis, au fait que les troupes allemandes approchaient et qu'il était du devoir de chacun de maintenir une attitude digne à leur égard afin d'éviter tout malheur. Et il faut reconnaître que les Rémois se sont comportés de manière exemplaire à tous égards. Comme il était devenu évident qu'il n'était pas possible de faire venir un grand nombre de troupes aussi rapidement, la patrouille jugea opportun de quitter à nouveau la ville dans la matinée. Lorsque toute l'armée de Suchow arriva et exigea la reddition de la ville, cela provoqua des difficultés. Le premier bombardement débuta le 4 septembre à 8h30, mais ne dura qu'une heure, le drapeau blanc apparaissant désormais sur la tour nord de la cathédrale. Les dégâts causés ne sont pas importants et, une fois de plus, les Allemands s'entendirent bien avec les citoyens.


Ce n'est pas de notre faute...(les Allemands)

Avec les combats sur la ligne Meaux-Montmirail commença la retraite tactique brillamment réussie de l'aile droite allemande vers la ligne Aisne-Oise, désormais magistralement retranchée, qui reçut même les éloges de la presse anglaise. Reims doit également être abandonnée et les Français s'y installent à nouveau. Lors d'une nouvelle avancée des Allemands, qui prennent d'assaut le château de Brimont au nord de Reims, a lieu le grand bombardement qui fait tant de bruit grâce aux mensonges de la presse ennemie et aux protestations tout aussi mensongères du gouvernement français. Vloss, furieux de ne plus pouvoir tenir la ville, les Allemands auraient pointé leur artillerie lourde sur la ville et la cathédrale et l'auraient détruite. Les Français avaient installé leur artillerie à proximité de la cathédrale et un poste d'observation sur une de ses tours, même si celle-ci arborait le drapeau blanc protecteur. Comme ce poste ne pouvait être enlevé par un tir d'artillerie ordinaire, il fut repoussé par un barrage de mortier, mais d'un seul. Malgré l'incendie qui a consumé une grande partie de l'édifice, les dommages causés à la vénérable cathédrale ne sont pas si graves, si bien qu'une restauration soit possible. L'ancienne salle royale des rois de France a cependant été détruite et, selon les rapports de témoins oculaires des États neutres, le reste de la ville a également été gravement endommagé. Mais une ville fortifiée reste une ville fortifiée, et lorsque les Français déployèrent leur artillerie sous la protection de la cathédrale, cela ne pouvait que conduire à des contre-mesures correspondantes, que même les journaux étrangers reconnurent.

Source : Illustrierte Geschichte des Weltkrieges, 1914;

Traduit de l'allemand par Cl. He.

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