Claude
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21 Feb
Les mitrailleuse allemandes en 1914

La mitrailleuse a le même canon que le Gewehr 98 de notre infanterie et tire la même cartouche. Ses performances individuelles ne sont donc pas différentes de celles du fusil lui-même et il n'est pas nécessaire de fabriquer et de transporter deux cartouches différentes. L’un des objectifs est une cadence de tir élevée afin de détruire la partie ciblée des forces ennemies dans les plus brefs délais, avant que l’ennemi ne puisse rassembler ses forces et prendre des contre-mesures.

Reconnaître le point décisif et agir rapidement contre l'adversaire est un point crucial pour le combattant. De même qu'en tant que stratège il a pu pénétrer en Belgique et en venir à bout rapidement, de même en tant que tacticien il doit choisir le bon point sur le champ de bataille. Ce n’est pas la même chose  de mettre 1 000 hommes hors de combat au même endroit en une demi-heure ou en dix heures. Dans le premier cas, c'est ce qu'on appelle « l'effet moral », qui est le facteur principal, qui est décisif pour la victoire, et, de plus, l'ennemi n'a pas le temps de constituer ses réserves. Mais la défaite se propage à partir de ce point comme un feu que l'on peut créer en quelques instants en focalisant les rayons du soleil sur un point de la botte de foin avec une loupe. Le soleil aurait pu briller dessus toute la journée sans causer de dégâts...

La mitrailleuse peut tirer jusqu'à 600 coups à la minute sans que sa précision en soit affectée. Dans la cavalerie, nous avons réuni six fusils sur des véhicules à quatre chevaux pour former une « section ». Imaginez la garde de feu qu'ils peuvent lancer en trois minutes sur la cavalerie ennemie. Chez nos fantassins, les six mitrailleuses sont à deux pièces et s'appellent « compagnie ». Elles peuvent être facilement soulevées du véhicule et transportées par deux hommes partout jusqu'à n'importe quel endroit accessible aux tireurs. Chez nous, elles tirent depuis des traîneaux, dans toutes les autres armées depuis des trépieds. Dans la plupart des armées, elles ne sont d'ailleurs pas transportés sur des véhicules, mais sur des animaux porteurs.

Une mitrailleuse peut être montée sur le toit d'une maison pour La Défense contre les avions ennemis. Elle peut être abaissée pour une utilisation sur des  positions à genoux ou allongées. Les autres serveurs, outre le chef, ne fournissent qu'une assistance, par exemple en allant chercher des boîtes de cartouches ou en lubrifiant les engrenages, ou encore pour remplacer le mitrailleur s'il est blessé ou tué. Le canon est entouré d'une chemise qui sert à contenir l'eau de refroidissement. Un tuyau menant au réservoir d'eau de refroidissement. Il arrive qu'au bout d'un certain moment, l'eau devient brûlante et certains disent qu'il est possible de faire cuire un oeuf sur le canon...

Les mitrailleuses des français ont un refroidissement par air, ce qui chauffe davantage le canon, les obligeant donc à interrompre le tir plus souvent. On remarque également la ceinture de 250 cartouches, qui sort automatiquement de la boîte adéquate lors du tir avec l'aide d'un assistant. Étant donné que la mitrailleuse repose fermement sur un cadre de tir, de nombreuses erreurs que le tireur commet facilement lors de la rafale avec l'arme sont éliminées. . Comme les cibles sont généralement plus larges que l'écartement naturel du fusil, la mitrailleuse dispose d'un dispositif permettant de la déplacer continuellement vers la droite et la gauche sans affecter la portée de tir ; un tel tir est appelé « tir de diffusion ».

Qu'est-ce qui donne à la mitrailleuse sa cadence de tir extraordinaire ? Comme on le sait, dans chaque arme à feu, les gaz de poudre qui propulsent la balle vers l’avant exercent exactement la même force vers l’arrière. Cela provoque un recul qui a toujours été désagréable. Quoi de plus naturel que le désir de faire travailler utilement cette force nuisible perdue ? Nous n'avons pas encore réussi à exploiter les tensions électriques qui se déchargent sous forme d'éclairs lors des orages, mais nous y sommes parvenus grâce au recul du pistolet à chargement automatique et de la mitrailleuse. Peu de temps après l'introduction du fusil à chargement par la culasse, des efforts ont été faits pour utiliser sa puissance pour éjecter la douille, recharger, armer, etc., de sorte que le tireur n'avait qu'à ajuster les viseurs et viser, en plus de la surveillance générale de l'arme, et pouvait concentrer sa force et son attention sur cela uniquement ; les humains ne peuvent pas non plus travailler aussi rapidement et en continu que les machines.

Le canon du fusil est exposé, sans liquide de refroidissement qui se fait apparemment par air et semble donc moins imposant que les mitrailleuses allemandes et austro-hongroises


Dans la mitrailleuse allemande Maxim, le canon et la culasse se déplacent vers l'arrière lors du tir, reliés de manière rigide l'un à l'autre, tout comme dans un canon à recul. Une fois que la balle a quitté le canon, le verrou se sépare de celui-ce, éjecte la douille et tend le ressort de recul, dont le relâchement ultérieur devrait alors ramener les deux exactement à leur position d'origine. Entre-temps, la nouvelle cartouche a été saisie de telle manière qu'elle est poussée dans le canon lorsque le verrou est à nouveau déplacé vers l'avant. Après le tir de la première cartouche par le tireur, l'allumage des cartouches suivantes ainsi que l'alimentation s'effectuent automatiquement. Mais il est possible également de tirer coup par coup


Par rapport à nôtre mitrailleuse, l'austro-hongroise Schwarzlose, qui est également excellente, a la particularité du canon qui ne coulisse pas vers l'arrière mais est fermement boulonné. La culasse se sépare donc du canon pendant que la poudre brûle, et le tireur n'est protégé des gaz de la poudre que par le ressort de recul très résistant. Tout comme pour la Schwarzlose, la mitrailleuse française Pateaux de Saint-Etienne, variante de la Hotchkiss, doit être retirée de son poste de tir pour remplacer les canons, alors que cela est inutile pour la nôtres.

Source : Major A. D. Schmahl, Illustrierte Geschichte des Weltkrieges 1914

Traduit de l'allemand par Cl. He.

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