La forteresse de Verdun, qui forme l'extrémité nord de la Meuse fortifiée Toul-Verdun, longue d'environ 80 kilomètres, appartenait autrefois à l'Allemagne.
Dans le traité de Verdun en 843, la ville fit partie de la Lorraine et fut intégrée dans la Francie orientale et donc dans l'Empire allemand, où elle resta jusqu'en 1552. A cette époque, après la guerre de Henri II contre Charles Quint, elle passa sous domination française, mais finalement seulement en 1648 avec Metz et Toul, lorsque l'Allemagne, déchirée par la désunion et dépeuplée par la guerre de Trente Ans, fut à la merci de tous les arbitraires. En 1870, la place fut encerclée le 25 septembre, assiégée à partir du 13 octobre et capitule le 8 novembre avec 4 000 hommes et 136 canons.
Traversé par la Meuse, Verdun domine les ligne de chemin de fer Metz-paris et Lyon-Toul-Namur-Anvers qui s'y croisent. Dans les derniers jours de septembre 1914, le fort de barrage du Camp des Romains, situé à mi-chemin entre Verdun et Toul, y est tombé, vaillamment défendu par les Français. La percée ainsi réalisée sépare Verdun de Toul et permet, dès que nécessaire, d'encercler également ces places par l'ouest. Adjacent au camp des Romains au nord, également sur la rive droite de la Meuse, se trouvent les forts de Troyon et, à deux milles allemands de Verdun, Génicourt-sur-Meuse ; puis, à 6 kilomètres au sud-est du centre de la ville, le Fort d'Haudainville et à 4,5 kilomètres à l'est de celui-ci, le Fort du Rozelier. A mi-chemin de ce dernier vers Verdun, le Fort Belrupt-en-Verdunois. À exactement un mile allemand à l'est de la ville se trouve le fort de Moulainville et à proximité du nord-ouest se trouve le fort Tavannes (ou fort Mouton). À 4,5 km au nord de Verdun se trouve le Fort Froideterre et dans l'espace entre lui et le Fort Tavannes se trouve le Fort Souville (ou Fort Lemoine). A mi-chemin de ce dernier à la ville se trouve le Fort de Saint Michel avec le Fort de Belleville (ou Redoute Chevert), également à seulement 2-3 kilomètres au nord, une position intermédiaire entre l'ancien noyau fortifié, profondément enfoncé dans la poche et essentiellement intenable, et la ligne de bataille principale Tavannes-Froideterre, sur laquelle un troisième, Vaux-Douaumont, fut finalement construit en avant jusqu'à 9 kilomètres de la ville. Sur la rive gauche de la Meuse, à 7 kilomètres au nord-ouest de la ville, se trouve le Fort de Marre, à 4,5 kilomètres à l'ouest le Fort de La Chaume, à la même distance au sud-ouest le Fort de Regret, puis à 3 kilomètres au sud de celui-ci se trouve le Fort de Landrecourt et immédiatement à l'est le Fort Dugny.
Par forts, nous entendons également des places plus petites, dont certaines ont été agrandies en véritables forts au cours des préparatifs de cette guerre planifiée de longue date, dont certains ont été complétés depuis ce printemps par des batteries et des tranchées, mais tous, y compris les grands forts, ont été modernisés avec des structures en béton et des canons plus puissants, en accord avec les progrès de notre artillerie lourde qui sont devenus connus en France.
Source : Illustrierte Geschichte des Weltkrieges 1914
Traduit de l'allemand par Cl. He.