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09 Feb
Le travail des Pionniers allemands (1914-1918)

Le terme « pionnier » a depuis longtemps pris le sens d'« éclaireur » dans le langage courant, et cela correspond à la tâche principale non seulement des pionniers en particulier, mais aussi de l'armée avec ses différentes branches regroupées sous le terme de « troupes de la circulation ».

Nous avons fait un énorme pas en avant dans le développement de notre « quatrième arme principale » depuis notre dernière guerre : en 1870/71, toutes les tâches techniques, de quelque nature et de quelque ampleur qu'elles soient, devaient être résolues par les quelques bataillons de pionniers (un dans chaque corps d'armée). La nécessité d'utiliser à grande échelle les nouvelles ressources offertes par les progrès de la science technique et les inventions pour l'armée et la guerre a conduit à une division du travail et à la création d'unités techniques spéciales. Mais leur activité, dans la mesure où elle est consacrée à de nouvelles tâches spéciales dans les différentes branches, a, à la seule exception des pilotes aéronautiques, un point commun : le pavage de la voie, que ce soit pour l'avancée des troupes, le transport de leurs besoins ou la transmission des ordres et des messages. Leur formation à la paix doit donc garantir une interaction adéquate et un soutien mutuel, si nécessaire, entre toutes les parties.

En tête de la colonne en marche, à l'avant-garde, le pionnier avance pour écarter les obstacles qui pourraient surgir devant les troupes. Et les rues de Belgique, jonchées d’arbres abattus et de profondes coupures, ont confirmé la légitimité de cette tâche. Les pionniers sont également affectés à l'avant des troupes lorsque, au combat, ils doivent ouvrir la voie à leurs camarades à travers des fossés et des marécages, à travers des crêtes et des murs, lorsque des obstacles artificiels tels que des clôtures en fil de fer barbelé ou des enchevêtrements arrêtent les attaquants dans la meilleure portée de tir de l'ennemi. Et là où les cours d'eau plus larges nécessitent l'utilisation de moyens artificiels, le pionnier fait remonter ses trains de pont de guerre et place les premières troupes sur l'autre rive dans un ponton, de la manière la plus inattendue possible, mais aussi sous le feu de l'ennemi qui les attend de l'autre côté. Là, il construit le pont pour le corps principal des troupes en progression, et ici, il construit également un pont permanent pour le trafic routier. Les troupes continuent leur marche après avoir surmonté l'obstacle fluvial, mais le pionnier doit d'abord démolir son pont pour éventuellement construire un pont permanent, puis voir comment il peut rattraper la colonne en marche et rejoindre son unité. 

Les pionniers de la guerre de forteresse et de la guerre de position effectuent des tâches encore plus grandes que celles de la guerre de mouvement, cette dernière ayant de plus en plus cédé la place à la guerre de forteresse, tant en termes de moyens de combat (canons lourds) que de moyens de couverture (tranchées profondes avec fortifications intégrées) qu'en termes de durée également, comme l'a démontré la guerre actuelle encore plus que la guerre russo-japonaise. Outre la construction d'une couverture particulièrement résistante, le renforcement par des obstacles artificiels pour les pionniers est ici particulièrement important. Les obstacles que l'ennemi en retraite nous met sur la route consistent principalement en la destruction des structures artificielles sur le tracé des routes et des voies ferrées. Ici, cheminots et pionniers doivent désormais travailler main dans la main. Les ponts sur la Meuse en Belgique auraient été presque tous détruits par les Belges. Si les piliers du pont étaient encore partiellement ou complètement intacts lors de leur démolition, ils seront utilisés par les ingénieurs lors de la reconstruction. Cependant, un nouveau bâtiment avec une structure en bois est souvent achevé plus rapidement, et c'est ce qui compte. Ensuite, des pieux massifs sont enfoncés dans le lit de la rivière pour soutenir la nouvelle superstructure, la chaussée.

Des pionniers allemands reconstruisent un pont ferroviaire détruit par les Belges

Un ordre similaire a été donné récemment à un lieutenant pionnier en Lorraine : détruire la voie ferrée Verdun-Saint Mihiel en huit endroits. Avec huit pionniers et une escorte d'infanterie, il lui faut percer la position ennemie entre les forts Tronon et le Camp des Romains, se frayer un chemin à travers les bas-fonds marécageux et le lit de la Meuse, large de 50 mètres et rempli de lianes, puis reprendre le même itinéraire en sens inverse. Il accomplit avec succès cette tâche, dont la difficulté était rendue plus évidente par le fait qu'un deuxième officier mécanicien, envoyé pour une mission similaire, ne revint pas et trouva probablement la mort dans les vignes de la Meuse.


Ainsi, le pionnier – qu’il travaille aux côtés de camarades d’autres armes ou qu’il soit en mission spéciale pour accomplir son devoir – doit faire preuve de la plus grande efficacité et de la plus grande ingéniosité, mais surtout d’un bon dévouement pour sa hiérarchie et d’un esprit militaire sûr de lui. Et ces vertus lui appartiennent pleinement.

Source : Illustrierte Geschichte des Weltkrieges 1914

Traduit de l'allemand par Cl. He.

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